Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/225

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XV


Mon père est depuis quelques jours d’une humeur massacrante. La guerre s’éternise, les Prussiens resserrent de plus en plus le cercle qui entoure Paris et le siège de la capitale, qui semble disposée à se bien défendre, peut traîner en longueur. Ça ne fait pas marcher les affaires, tout ça, au contraire.

Depuis le 15 septembre, le travail est interrompu au chantier et mon père se plaint du matin au soir d’être obligé de rester les bras croisés et de ne pas gagner un sou. Ma sœur essaye parfois de lui remonter le moral en lui parlant des recettes que doit effectuer le chantier de Paris. Il est vrai que nous n’en savons rien, que le gérant qui le dirige ne peut correspondre avec nous, mais il doit faire des affaires, que diable ! Dans une ville assiégée, on a besoin de matériaux, de planches pour construire des baraques, d’une foule de choses