Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/239

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gile ! Et que voulez-vous que les Prussiens en fassent ? Ah ! si c’était des pendules…

Il éclate de rire et nous l’imitons. Nous n’avons justement pas d’Allemands à loger pour le moment et nous invitons les deux associés à dîner.

Ah ! qu’ils n’aiment pas les Prussiens, les lampistes-tapissiers ! Nous sommes à peine au rôti qu’ils ont déjà chargé Guillaume et Bismarck de plus de crimes que n’en pourrait porter le bouc émissaire. Ils nous ont prouvé, clair comme le jour, que le feu avait été mis au Château de Saint-Cloud par les troupes prussiennes. Ils ont vu, de leurs yeux vu, des soldats activer les flammes et mettre le palais à sac.

― Et encore, monsieur, s’ils se contentaient de piller les monuments impériaux ou nationaux ! Mais ils s’attaquent aux propriétés particulières ; ils dévalisent les maisons. Il y a huit jours, un colonel a fait expédier huit pianos en Allemagne.

― C’est ignoble, dit ma sœur.

― Infâme ! dit mon père.

― La race teutonne a été de toute antiquité une race de voleurs, affirme Müller.