Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/240

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― Et quand on pense, ajoute Hermann, que ces brigands rêvent de s’annexer notre chère Alsace, notre Alsace si loyale, si honnête, si française !

― La province la plus française, dit Müller la larme à l’œil.

Les Alsaciens ne nous quittent que très tard, en s’excusant des dérangements qu’ils nous causent, en nous remerciant infiniment.

Le lendemain, ils reviennent ― en s’excusant et en remerciant. ― Cette fois-ci, ils n’ont pas quatre voitures de meubles derrière eux. Ils en ont cinq. Le hangar est plein jusqu’au toit.

― Dieu feuille que nous ne vous emparrassions pas longdemps ! soupire Hermann. Comment bourrons-nous chamais regonnaître fotre gomblaisance ?

Et Müller, qui tient à hacher un peu de paille, lui aussi, avant de nous quitter, ajoute avec un gémissement :

― C’est pien tûr t’êdre opliché d’apantonner ses bénades !

― Quels braves gens ! s’écrie ma sœur, quand ils sont partis. Une détresse pareille, ça fend le cœur.