Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/250

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XVII


Il y a quelque temps déjà que nous n’avons vu M. Beaudrain. Nous savons qu’il est malade. Malade de peur. Le 25 octobre, jour de la sortie de la Jonchère, lorsque le canon français, se rapprochant, semblait toucher aux portes de Versailles, il a été pris d’une crise de nerfs. Il a fallu le remonter à grand’peine de sa cave où il s’était blotti et le transporter mourant dans sa chambre.

Un billet de lui nous apprend qu’il vient de quitter le lit et qu’il a obtenu des autorités prussiennes un sauf-conduit qui lui permettra de se rendre à Caen, où demeure sa famille. Il s’excuse de ne pouvoir venir nous faire ses adieux, mais il craint, s’il se promenait dans la ville, d’être victime de quelque accident. Il sait que les Allemands lui en veulent, etc., etc.

― Si nous allions le voir ? demande mon père. C’est bien le moins que tu ailles serrer la