Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/274

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Mais, aujourd’hui, je vais savoir à quoi m’en tenir. Mon père et ma sœur sont partis ce matin, de bonne heure. Ils vont à Moussy, pour la levée des scellés, et ne rentreront guère avant une heure, pour déjeuner. Midi va bientôt sonner et les ouvriers enfilent déjà leurs vestes. Je descends au chantier et je m’approche du contremaître.

― Monsieur Benoît, pour qui donc travaille-t-on, maintenant ?

― Comment ! monsieur Jean, vous ne le savez pas ? Mais, pour l’état-major.

― L’état-major allemand ?

― Dame !

― Alors, mon père travaille pour les Allemands ?

― Pourquoi pas ? Tiens ! si les Prussiens ont besoin de bois, on serait bien bête de ne pas leur en fournir, pourvu qu’ils paient.....

Le contremaître se rapproche de moi et, tout bas :

― Les Prussiens font de grands travaux dans ce moment-ci. J’ai vu ça l’autre jour, dans le parc de Saint-Cloud, en allant livrer des madriers ; ils établissent des batteries, des re-