Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/299

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capitale, comme ayant déjà souffert des projectiles, le Panthéon et le Luxembourg. Ah ! sapristi !…

M. Legros se méprend à l’expression soucieuse du visage de mon père.

― Les Prussiens, dit-il, veulent prendre Paris par la famine et ils ne tiennent pas, les brigands, à imiter nos zouaves à l’assaut de Sébastopol. Mais, soyez tranquille, un de ces jours, les nôtres vont faire une sortie en règle et forcer les casques à pointes à sortir de leurs retranchements. Ah ! si les Français venaient seulement jusqu’à Versailles ! nous sommes ici dix mille hommes…


Oui, dix mille hommes ― dix mille hommes qui assistent, le 18 janvier, à la proclamation de l’Empire d’Allemagne. C’est dans la galerie des Glaces, au château, que Guillaume ressaisit la couronne de Frédéric Barberousse. Et, le soir, une fête triomphale a lieu à la préfecture, illuminée à giorno, enguirlandée de lierre et de rubans, pendant que des musiques militaires, des retraites aux flambeaux, parcourent la ville. La foule regarde, applaudit même, comme elle a déjà regardé et applaudi lorsque des réjouissances