Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/300

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semblables ont célébré la capitulation de Metz.

― L’Empire d’Allemagne, me dit le père Merlin à qui je vais donner des détails sur la cérémonie, et que je trouve en train de frotter avec rage ; l’Empire d’Allemagne ! oui… l’union des races, l’homogénéité des peuples !… Ah ! la bonne blague ! l’assemblage des forces militaires, plutôt ! Le parquage de la chair à canon… Chauvin peut battre la caisse des deux côtés du Rhin, maintenant… Ça présage un avenir tout rose à la civilisation… Patriotisme : caporalisme… Tiens, laisse-moi tranquille aujourd’hui. Je frotte… !

Et le vacarme de la brosse heurtant les boiseries recommence, et la cire continue à rayer le parquet… Mais, le lendemain matin, 19 janvier, c’est un autre bruit qu’on entend. Le fracas de la canonnade augmente, semble se rapprocher et, à plusieurs reprises, le crépitement de la fusillade arrive à nos oreilles. Une bataille est engagée non loin de nous, une bataille terrible, sans doute.

― C’est probablement la grande sortie, dit ma sœur.


Toute la journée, nous attendons, anxieux.