Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/301

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La lutte continue, sans interruption ; on dirait, au bruit des détonations qui devient plus clair d’heure en heure, que les Français gagnent du terrain. On dit déjà qu’ils sont vainqueurs, qu’ils ont enlevé les redoutes de Montretout, qu’ils marchent sur Versailles par Vaucresson, que Guillaume et Bismarck se sont sauvés à Saint-Germain…

Oui, ils sont vainqueurs ! Des trompettes à cheval parcourent la ville en sonnant l’alarme ; la cavalerie et l’artillerie prussienne défilent au grand trot, les régiments d’infanterie se succèdent sur la route de Saint-Cloud…

Le soir vient, que la bataille dure encore. Les réserves allemandes sont massées, l’arme au pied, dans les avenues. Demain, sans doute, les Français entreront à Versailles. Les Prussiens se sentent perdus. Dans sa rage, la landwehr de la garde a envahi de force les maisons du boulevard de la Reine et les a dévastées…

Mais il fait jour, et nous attendons en vain le pétillement de la mousqueterie ; nous n’entendons que la grosse voix des canons allemands qui, régulièrement, lancent leurs obus sur Paris. Et puis, des fanfares éclatent, des