Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/304

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Oh ! que je voudrais être un homme ! Tous les jours…

Ce matin, encore ! Les deux Alsaciens, Hermann et Müller, sont arrivés devant la porte du chantier avec des voitures remplies de meubles. Ils ont demandé à mon père s’il ne pourrait pas, pendant quelques jours seulement, mettre à l’abri le contenu de leurs charrettes. Ils ont appris, disent-ils, que les Prussiens ont résolu d’incendier Saint-Cloud et, immédiatement, ils ont entrepris de déménager les choses les plus précieuses ― pour les rendre plus tard à leurs propriétaires.

― Nous nous zommes téfoués bour saufer ze que nous afons bu, a sangloté Müller.

Et Hermann a ajouté :

― Bour guelgues chours zeulement, monsieur Parpier ?

Mon père a hésité et je l’ai entendu qui disait tout bas à ma sœur :

― Ce sont des filous, tu sais.

Ma sœur a fait un signe de tête affirmatif ; et, aussitôt, elle s’est approchée d’une des voitures.

― Mais c’est une commode Louis XV que