Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/306

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XXII


Jules est revenu. Il est revenu sans nous prévenir, profitant de l’armistice, au moment où nous l’attendions le moins. Et ma sœur, en l’apercevant, a pâli et poussé un cri comme si elle avait marché sur un crapaud. Il est revenu chargé de vivres ― il croyait Versailles dénué de tout. ― Il a apporté avec lui un pain de sucre, une dizaine de livres de chocolat, du café, du thé, du vermicelle, un tas de choses qu’il a trimballées tout le long de la route stratégique n° 15 ― une route horriblement longue que son sauf-conduit l’obligeait à suivre, à pied. ― Il ne m’a même pas oublié, l’excellent garçon ; il me donne un beau livre, un beau livre doré, que Léon a absolument voulu m’envoyer.

― Et Léon, comment va-t-il ? Et mademoiselle Gâteclair, a-t-elle beaucoup souffert, pen-