Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/307

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dant le siège ? Vous ne saviez donc rien de Versailles ?

Des masses de questions auxquelles Jules répond de son mieux. Il n’a pas beaucoup changé ; il a un peu maigri, seulement.

― Ah ! nous étions si inquiets ! si inquiets ! fait Louise en joignant les mains et en prenant sa figure de fausse madone. Nous avons bien souvent pensé à vous, allez !

C’est dégoûtant. Pas une fois ― pas une seule fois ― je ne lui ai entendu prononcer le nom de son fiancé.

― Et les affaires ? demande mon père. Ça ne va pas fort, hein ?

― Oh ! non, pas fort, répond Jules, pas fort du tout.

Et il nous apprend que la maison Cahier et Cie, comme beaucoup d’autres maisons de la capitale, a reçu une rude atteinte. On sera obligé d’y mettre du sien, de tous les côtés. Ainsi, il a accepté, lui, une diminution de plus de moitié sur ses appointements.

― Je ne pouvais pas faire autrement, vous comprenez. Il m’est impossible d’abandonner une maison à laquelle je suis aussi attaché ; ça durera ce que ça durera ; pas longtemps, espé-