Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/309

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― J’aurais dû vous prévenir de mon arrivée, dit-il à la fin du repas. Quand on n’attend pas les gens, on est tellement surpris…

― Oui, oui, dit Louise. L’émotion, le plaisir…

― Mais que voulez-vous ? Les communications sont encore si difficiles ! Et, à vrai dire, je n’y ai même pas pensé. J’avais si grande envie de vous voir…


Jules est parti le lendemain matin. Son sauf-conduit n’était valable que pour quarante-huit heures, jours d’arrivée et de départ compris. Nous l’avons accompagné jusqu’à la porte de la ville. Louise, en le quittant, s’est contentée de lui tendre la main. Il avait l’air très triste.

― Espérons que nous nous reverrons avant peu, a dit mon père. Tout fait présumer que les hostilités ne seront pas reprises et qu’on va signer la paix.

― C’est plus que probable, a répondu Jules. Aussi, à bientôt.


Il est probable, en effet, que la paix va être signée. En attendant, l’article 2 de la convention conclue entre Jules Favre et Bismarck