Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/333

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Car la Commune ne veut pas se rendre, elle veut résister jusqu’à la mort, et l’on annonce que ses soldats, en se repliant devant l’armée versaillaise, pétrolent la ville et l’incendient.

Mon père est désolé. Il se souvient qu’il n’a pas renouvelé la police d’assurances du chantier de la rue Saint-Jacques ; il sait que les communards occupent encore le quartier, et il attend, dans les transes.


Un matin, on sonne. C’est le facteur. Mon père va lui ouvrir et revient, en tenant une lettre à la main, rejoindre ma sœur et Mme de Folbert assises sur un banc du jardin. Il déchire l’enveloppe, mais, au moment d’ouvrir la lettre, il est pris d’un tel tremblement nerveux qu’il est forcé de la passer à ma sœur.

― Tiens, lis… C’est de Paris…

Louise commence :

― Monsieur ― Tout est sauvé…

― Hein ? fait mon père. Tu dis ?…

― « Tout est sauvé. Au moment de l’entrée des troupes nous avions pris nos précautions. Nous avions mis en lieu sûr les fonds et les livres de caisse…

Et elle continue pendant que mon père donne