Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/336

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XXV


En descendant dans la salle à manger, à huit heures, Louise et moi, pour le déjeuner du matin, nous trouvons notre père qui semble nous attendre en se promenant de long en large. Son chapeau et sa canne sont posés sur la table.

― Mes enfants, nous dit-il, j’ai une triste nouvelle à vous apprendre. Votre grand-père est mort.

― Grand-papa Toussaint ! s’écrie Louise. Ah ! mon Dieu ! quel malheur ! Quel épouvantable malheur !

Une foule d’exclamations qu’elle glapit, avec des gestes de désespoir. Mais l’accent est faux, le geste exagéré ; les inflexions brusques de l’intonation, les soupirs, les contorsions du visage, tout est contrefait, dissonant ; et l’agitation outrée qu’affecte ma sœur achève de défigurer le peu d’émotion qu’elle a pu ressen-