Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/40

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entières, chez le père Merlin ! Allons, tâche de faire ce qu’on te dit.

Je ferai ce qui me plaira. Et d’abord je ne lui demanderai rien, au père Merlin, rien du tout ; je ne lui tirerai pas les vers du nez. Et s’il me raconte ses affaires, je garderai tout pour moi, je ne répéterai rien, rien.


Je sonne à sa porte. Il vient m’ouvrir, un bâton de frotteur à la main et un pied déchaussé. Il frotte. Gare à mes oreilles si je fais des bêtises.

― Ah ! c’est toi ! Ton ami Léon n’est pas avec toi ? C’est dommage. La première fois que je le verrai, ce garnement-là, je lui donnerai de mes nouvelles ; il m’a cassé un pied de dahlia… Tu veux aller au jardin ? Va au jardin. Tu peux bêcher la troisième plate-bande, celle du fond.

― Oui, monsieur Merlin ; et vous…

― Je frotte !

Il rentre dans la maison dont il fait claquer la porte et j’entends bientôt le va-et-vient de la cire sur le plancher, suivi du frottement de la brosse qui, à temps égaux, heurte les plinthes.

C’est un brave homme, le père Merlin, mais il a ses manies. Quand il est en colère, quand