Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/41

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il a quelque sujet de contrariété ou d’affliction, vite, il attrape sa cire et sa brosse et s’enferme dans sa maison ; il ne faudrait pas choisir ce moment-là pour le taquiner. Quand il vous a dit : « Je frotte ! » il n’y a plus qu’à le laisser tranquille. « Je frotte ! » c’est un avertissement, une menace ; ce n’est pas, comme on pourrait le croire, l’énoncé d’une occupation domestique. Ça veut dire : « Je suis en colère. Je passe ma colère sur mon plancher. J’aime mieux ça que de la passer sur vous, pourvu que vous me laissiez tranquilles. » Ça veut dire : « Fichez-moi la paix. »

On sait à quoi s’en tenir là-dessus, dans le voisinage. Mais on continue à le fréquenter, à lui faire bon visage, malgré ça, malgré ses opinions ultra-républicaines qu’il affiche très ouvertement. Il a de si belles fleurs ! Au dernier concours horticole, comme on couronnait Gédéon, l’horticulteur, pour ses hortensias, le père Merlin, plein de dédain pour les produits primés, a traduit son opinion par un mot qui a fait rougir les dames. Il a dit :

― C’est de la fouterie.

Les dames qui ont rougi ont dû se rendre compte qu’il n’y avait rien d’exagéré dans cette