Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/55

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de meubles d’occasion, des fauteuils anciens sont alignés sur le trottoir. Des soldats vont s’y asseoir avec armes et bagages et refusent de se lever. C’est un commencement de débandade.

Mais, tout à coup, la musique entame la Marseillaise.


Allons enfants de la patrie,
Le jour de gloire est arrivé…


Ah ! que c’est beau. Les soldats ont repris leur rang. Des acclamations enthousiastes les suivent jusqu’à la gare.


À travers les grilles, un troupier me passe son bidon et me prie d’aller le remplir chez le marchand de vin, en face. Il fouille dans sa poche.

― Attendez, je vais vous donner des sous.

Mais je ne veux pas de son argent ; j’ai justement un franc dans ma poche. Je lui paierai son litre.


― Tenez, voilà votre bidon.

― Merci bien, jeune homme. C’est peut-être le dernier litre que je boirai que vous m’offrez là.