Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/77

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Je ne connais que ça et le port d’armes. D’abord, on devrait tous les expulser, dans ce moment, les étrangers : ce sont tous des espions.

Il me semble que M. Legros, pour une fois, a raison. On a eu tort de briser les glaces du cafetier et de le maltraiter. Je regrette presque le caillou que j’ai lancé. Et puis, je me souviens de n’avoir pu retenir un mouvement d’admiration lorsqu’on a déployé le drapeau anglais. Il est très beau le pavillon anglais, beaucoup plus que le français. Au point de vue de la couleur, bien entendu, car, aux autres points de vue, le drapeau français est seul et unique en son genre. Je le vois flotter aux fenêtres, ce drapeau qui a fait le tour du monde… Eh bien ! oui, plus je le regarde, plus je le trouve agaçant, gueulard et crapuleux. Je n’irai dire ça à personne, pour sûr.

Ce ne serait guère le moment. On vient d’apprendre que la bataille annoncée par la dépêche n’a pas eu lieu et que, par conséquent, nous n’aurons la peine d’héberger ni le prince de Prusse ni ses 40.000 hommes. La déception est énorme. Les drapeaux et les lampions ont disparu des façades comme par