Page:Darien - La Belle France.djvu/48

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d’éparpiller ses forces au lieu de les concentrer vers le point d’attaque ; de porter sur le pavois des coquins qui ont dilapidé ses ressources en hommes et en argent dans les aventures coloniales ; d’être aussi prodigues de paroles qu’avares d’actions.

Le spectacle qu’ils ont donné, qu’ils donnent, est avilissant, écœurant. Ils ont fait de la France un objet de pitié et de dérision. D’intelligence obtuse, de compréhension politique nulle, d’une ignorance sans égale, ils sont toujours prêts à trouver, à tous les actes qui leur déplaisent — ou leur portent préjudice, ou leur portent ombrage — des motifs vils et bas, des explications ignobles. Ils lisent dans leur propre cœur en croyant déchiffrer l’âme d’autrui. Ils ne comprennent point qu’on les haïsse ou qu’on les méprise simplement parce qu’ils sont haïssables ou méprisables.

Ils écument, ils ragent, ils sifflent, ils déblatèrent. Qui n’ont-ils pas insulté ? Ils ont injurié même des femmes ; l’impératrice Frédéric, la reine Victoria… Leur jactance est misérable. Ces apôtres du carnage, ces missionnaires des meurtrières revanches, n’ont de courage que dans leurs gosiers. Ils ont des droits à faire valoir sur tout ; leur liste de revendications est d’une belle longueur. C’est l’Égypte, particulièrement, qu’ils réclament ; ils rêvent d’y rétablir la corvée, et même l’esclavage, comme à Madagascar. « Tant que la question d’Égypte, disent-ils, n’aura pas reçu sa solution nécessaire… »

La question d’Égypte ? Mais il y a longtemps qu’elle est réglée. Elle a été réglée par Nelson, à Aboukir.