Page:Darien - Le Voleur, Stock, 1898.djvu/445

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XXX

CONCLUSION PROVISOIRE — COMME TOUTES LES CONCLUSIONS


— Ma foi, dit l’abbé Lamargelle comme nous achevons de déjeuner à l’hôtel du Roi Salomon, on ne mange pas mal, ici ; pas mal du tout. Maison louche, mais cuisine parfaite. J’avoue que je suis gourmand et qu’un bon repas me fait plaisir. Lacordaire a parlé des « mâles voluptés de l’abstinence. » Mâles voluptés ! Comme c’est mâle et voluptueux, de se priver de quelque chose ! Vous ne trouvez pas ?… Ce café est excellent… Voyons, ne faites donc pas cette mine-là. Prenez un air réjoui, que diable ! Puisque vous êtes millionnaire, laissez-le voir. Ce n’est qu’à-moitié déshonorant. Lorsque j’aurai trouvé dans ces paperasses les éléments d’une fortune égale à la vôtre, continue-t-il en désignant un gros paquet de papiers déposé sur une petite table, vous verrez quelle allure je saurai me donner…

— Ce sera différent, dis-je ; vous avez sans doute un but dans l’existence, une idée… Moi rien.