Page:Daudet - Le Petit Chose, 1868.djvu/251

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Cette petite caille,
Qui chante en se grisant dans la vigne à côté…
Hein ! la bonne chanson pour ce beau soir d’été,
Et comme c’est joli, de la place où nous sommes !…

LA BÊTE À BON DIEU.

Sans doute, mais…

LE PAPILLON.
Tais-toi.
LA BÊTE À BON DIEU.
Quoi donc ?
LE PAPILLON.
Voilà des hommes.

(Passent des hommes.)

LA BÊTE À BON DIEU, bas, après un silence.

L’homme, c’est très méchant, n’est-ce pas ?

LE PAPILLON.
Très méchant.
LA BÊTE À BON DIEU.

J’ai toujours peur qu’un d’eux m’aplatisse en marchant ;
Ils ont de si gros pieds, et moi des reins si frêles…
Vous, vous n’êtes pas grand, mais vous avez des ailes ;
C’est énorme !

LE PAPILLON.
Parbleu ! mon cher, si ces lourdauds

De paysans te font peur, grimpe-moi sur le dos ;
Je suis très fort des reins, moi ! je n’ai pas des ailes
En pelure d’oignon comme les demoiselles.