Page:Daudet - Le Petit Chose, 1868.djvu/257

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Hé ! Les Chenilles sont un peu de son avis…

LE PAPILLON

Je crois bien !… Mais, dis-moi ! Dans le monde où tu vis,
Car enfin tu n’es pas du monde des Chenilles,
Suis-je aussi mal vu ?…

LA BÊTE À BON DIEU.
Dam ! c’est selon les familles,

La jeunesse est pour toi ; les vieux, en général,
Trouvent que tu n’as pas assez de sens moral.

LE PAPILLON, tristement.

Je vois que je n’ai pas beaucoup de sympathies.
En somme…

LA BÊTE À BON DIEU.
Ma foi ! non, mon pauvre ! Les Orties

T’en veulent. Le Crapaud te hait ; jusqu’au Grillon,
Quand il parle de toi, qui dit : « Ce p…p…Papillon ! »


LE PAPILLON.

Est-ce que tu me hais, toi, comme tous ces drôles ?

LA BÊTE À BON DIEU.

Moi… Je t’adore ; on est si bien sur tes épaules !
Et puis, tu me conduis toujours chez les Muguets.
C’est amusant !… Dis donc, si je te fatiguais,
Nous pourrions faire encore une petite pause
Quelque part… Tu n’es pas fatigué, je suppose ?

LE PAPILLON.

Je te trouve un peu lourd, ce n’est pas l’embarras.