Page:Daudet - Le Petit Chose, 1868.djvu/277

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X
irma borel

C’est Coucou-Blanc qui vint lui ouvrir. — Car ai-je besoin de vous le dire ? cinq minutes après s’être juré qu’il n’irait pas, ce vaniteux petit Chose sonnait à la porte d’Irma Borel. — En le voyant, l’horrible Négresse grimaça un sourire d’ogre en belle humeur et lui fit un signe : « Venez ! » de sa grosse main luisante et noire. Après avoir traversé deux ou trois salons très pompeux, ils s’arrêtèrent devant une petite porte mystérieuse, à travers laquelle on entendait, — aux trois quarts étouffés par l’épaisseur des tentures, — des cris rauques, des sanglots, des imprécations, des rires convulsifs. La Négresse frappa, et sans attendre qu’on lui eût répondu, introduisit le petit Chose.

Seule, dans un riche boudoir capitonné de soie mauve et tout ruisselant de lumière, Irma Borel marchait à grands pas en déclamant. Un large peignoir bleu de ciel, couvert de guipures, flottait