Page:Daudet - Le Petit Chose, 1868.djvu/348

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XV.


………….


Lecteur si tu as un esprit fort, si les rêves te font rire, si tu n as jamais eu le cœur mordu ─ mordu jusqu’à crier ─ par le pressentiment des choses futures, si tu es un homme positif, une de ces têtes de fer que la réalité seule impressionne et qui ne laissent pas traîner un grain de superstition dans leurs cerveaux, si tu ne veux en aucun cas croire au surnaturel, admettre l’inexplicable, n’achève pas de lire ces mémoires. Ce qui me reste à dire en ces derniers chapitres est vrai comme la vérité éternelle ; mais tu ne le croiras pas.

C’était le 4 décembre…

Je revenais de l’institution Ouly encore plus vite que d’ordinaire. Le matin, j’avais laissé Jacques à la maison, se plaignant d’une grande fatigue, et je languissais d’avoir de ses nouvelles. En traversant le jardin, je me jetai dans les jambes de M. Pilois, debout près du figuier, et causant à voix basse avec