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LAURIER ET SON TEMPS

devenue aussi nécessaire que l’était celle du Pacifique en 1875, et que même les deux réunies ne suffiraient pas avant longtemps à transporter les produits des riches et immenses régions où les flots pressés de l’immigration se précipitent, et qui semblent destinés à être l’un des théâtres les plus grandioses de l’activité humaine, le grenier, comme on le répète souvent, du monde.

Il déploya une énergie que l’état de sa santé rendait pénible, afin de briser tous les obstacles, de vaincre toutes les hésitations, toutes les résistances et de pouvoir mettre le projet devant les Chambres, à la session de 1900.

Lorsque le 30 juillet 1903, Laurier se leva pour présenter le nouveau-né sur les fonts baptismaux de la Chambre, tous les députés étaient à leurs sièges et les galeries étaient remplies. Comme il paraissait un peu affaibli et fatigué depuis quelques jours, ses amis étaient inquiets, mais, cette fois encore, il fut éloquent, en dépit de la sécheresse du sujet, et fit une magistrale exposition de la grande entreprise.

Après avoir fait voir les grands aspects de la question et démontré l’importance d’avoir à travers le Canada une voie ferrée absolument indépendante des États-Unis, il fit, dans les termes suivants, la description des régions que la nouvelle ligne traverserait :

« Il est établi qu’il est facile de construire ce chemin de fer à travers les montagnes Rocheuses, soit par la voie de la rivière de la Paix, soit par celle de la rivière aux Pins. Il est prouvé que, sur le parcours de ces rivières se rencontrent de riches prairies comparables, sous le rapport de la fertilité, aux meilleures terres des vallées de la rivière Rouge et de la Saskatchewan. Il est acquis que ce chemin de fer, construit, soit par la voie de la rivière aux Pins, soit par celle de la rivière de la Paix, nous mettrait en communication avec le célèbre district d’Omineca, justement renommé pour ses mines d’or. Si ces mines restent encore