Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/171

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les patriotes

« La Cour lui impose silence, et renvoie le jury en délibération.

« Mardi, 10 septembre 1839. — 3.20 h. p.m.

« Le jury rentre de nouveau et déclare qu’il en est rendu au même point qu’auparavant ; puis la Cour est ajournée à onze heures et demie, cette nuit. Un des jurés (M. Maybell) dit en sortant de la boîte : « Nous serons aussi avancés à onze heures et demie qu’à présent. »

« Mardi soir. — 11¾ h. p.m.

« Présents : — l’hon. juge Rolland et l’hon. juge Gale.

« Monsieur le procureur-général est suffoqué par les vapeurs bachiques. C’est à peine s’il s’aperçoit qu’il est dans une cour de justice, à une heure aussi avancée de la nuit.

« Le jury ayant répondu encore une fois qu’il ne peut s’accorder, M. Walker se lève et demande la mise en liberté du prisonnier à la barre ; à quoi, la Cour et le procureur général opposent un prompt refus.

« La presse est excessive, et les hurlements qui se font entendre contre les dix jurés qui sont pour l’élargissement du prisonnier, contre les avocats et contre le prisonnier lui-même, annoncent d’avance l’orage qui va bientôt crever. En vain, M. le juge Rolland essaie à calmer, pour quelques minutes, la rage des insensés, en leur observant que chacun d’eux doit savoir que sa Souveraine est représentée sur le siège, et qu’ils doivent se conduire en conséquence. La voix de la justice est muette pour eux et les murmures les plus menaçants, les expressions de moquerie les plus grossières se font entendre contre le tribunal même.

« Minuit sonnant, et le jury n’ayant eu que jusqu’à cette heure pour compléter ses délibérations, M. le juge Rolland se lève, déclare que le jury est congédié,