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les patriotes

et annonce que Demaray et Davignon avaient été arrêtés.

— Qu’y a-t-il à faire ? dit Vincent.

— Délivrer les prisonniers, dit Viger, et aller du coté du village attendre la troupe.

— Qui a un bon cheval ? dit Vincent.

— Moi, répondit Viger.

— Eh bien ! en avant ! arrangez les choses comme vous l’entendrez.

On se mit en marche, Viger en tête, recrutant tous ceux qu’on pouvait rencontrer sur la route.

Au village, Viger apprend qu’un détachement de réguliers était arrivé pour prêter main forte à la cavalerie, et on lui dit que le village serait mis à feu et à sang si la lutte avait lieu là.

— Eh bien ! retournons sur nos pas, dit Viger.

Ils se remirent en marche et s’arrêtèrent à deux ou trois milles de là, vis-à-vis de la ferme d’un nommé Jos. Trudeau. Ils entrèrent dans le champ, et résolurent d’attendre la troupe en cet endroit.

Viger disposa sa petite troupe de manière à produire le plus d’effet possible ; mais les préparatifs ne furent pas longs, car un nuage de poussière et un bruit de voiture et de pas de chevaux apprirent que la cavalerie arrivait.

— Suivez-moi, dit Viger à ses hommes !

La cavalerie n’était qu’à quelques pas.

— Halte ! cria-t-il en même temps à la troupe ; livrez-nous les prisonniers au nom du peuple.

Attention ! dit Ermatinger en jurant, Go on ! make ready ! fire !

— Halte ! reprend Viger, livrez-nous les prisonniers.

Pour toute réponse, la troupe tire sept ou huit coups de fusil. Viger est atteint par deux balles ; l’une lui effleure la jambe, et l’autre lui coupe l’extrémité du petit doigt. Viger n’avait alors autour de lui qu’une