Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/95

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les patriotes

M. Girouard, ami des Papineau, des Viger, des Morin et des Labrie, il fut aussi l’un des plus dévoués partisans de ces grands citoyens dans leur lutte énergique en faveur de la liberté. Il fut un de ceux qui, n’ayant à gagner, mais tout à perdre dans l’agitation populaire, donnèrent la preuve la plus éclatante de leur sincérité par des sacrifices continuels.

Lorsque le gouvernement se décida à sévir contre les patriotes qui avaient pris part aux assemblées publiques, en leur enlevant les positions qu’ils occupaient dans la milice et dans la magistrature, il fut l’une des premières victimes des bureaucrates.

Il vint un moment où un certain nombre de patriotes zélés crurent prudent de conseiller à leurs amis et au peuple de ne pas sortir des voies constitutionnelles pour se lancer dans celles de l’insurrection. De ce nombre fut l’un des fils de M. Dumouchel, devenu plus tard sénateur. Mais M. Dumouchel, pas plus que le Dr Chénier, ne voulut prêter l’oreille à ces conseils inspirés par l’amitié et la prudence, et, comme le héros de Saint-Eustache, il crut que la résistance aux mandats d’arrestation était possible, que, dans tous les cas elle était devenue une nécessité, un devoir même.

Après le désastre de Saint-Eustache, c’est chez lui que les chefs patriotes de Saint-Benoît se réunirent pour conseiller à leurs partisans de se soumettre et aviser aux moyens d’échapper eux-mêmes à la vengeance des bureaucrates.

M. Dumouchel s’enfuit, mais il fut trahi, à quelques milles de Saint-Benoît, par un individu qu’il avait protégé, et livré aux soldats de Colborne, qui l’amenèrent, les mains liées derrière le dos, à Montréal, et l’incarcérèrent dans la vieille prison.

Il fut bientôt rejoint par ses deux fils, Hercule et Camille, qu’on arrêta à la Mission des Sauvages, dans