Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/118

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II.


Christus avait pour amis, les frères Godin, François, Jean et Nicolas qui, lorsque leur père et leur mère eurent rendu à Dieu ce qu’ils tenaient de lui, exploitèrent ensemble une grande ferme d’un bon rapport située sur la chaussée d’Alsemberg.

Les Godin étaient wallons, mais s’entendaient assez bien avec Christus quoique celui-ci fût flamand.

Ce fait particulier pourrait devenir général, si chacune des deux races savait que la force de nationalité d’un peuple consiste dans l’amitié qu’ont l’un pour l’autre chacun des individus qui le composent, et non dans l’attitude farouche qui les fait ressembler à des hérissons armés contre eux-mêmes et le reste de l’univers.

L’aîné des Godin, François, était blond, gros de corps et maigre d’esprit ; Nicolas, le cadet, avait des cheveux roux et une stature herculéenne ; quant à de l’intelligence il en montrait si peu, qu’on pouvait, sans témérité, le soupçonner de n’en avoir guère. Mort la nuit, et endormi