Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/145

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X.


Christus vint voir Louise tous les jours, il autorisa celle-ci à dire ses frères qu’il la recherchait en mariage. Louise n’en fit rien, elle voulait avant tout être plus certaine encore de l’amour de son amant.

Deux mois se passèrent. Vers les premiers jours du printemps, Louise était allée en ville aux provisions : les trois Godin se trouvaient réunis chez eux autour du feu. François, assis, tenait un de ses genoux dans ses mains ; Nicolas brisait sur un des siens, de gros bâtons destinés à servir de fagots. Les mains derrière le dos, debout, sérieux et grave, Jean fumait et paraissait ne songer qu’à suivre des yeux les capricieuses bouffées qui sortaient du gros fourneau de sa pipe courte. Depuis quelque temps, les trois frères parlaient de Louise, et leur conversation n’était interrompue en aucune façon, par le bruit monotone et régulier que faisaient l’un après l’autre les bâtons en se brisant sur les genoux de l’hercule Nicolas.

— C’est drôle, disait François, c’est très-drôle, mais