Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/173

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


son heure était venue, celle de partir, il rentra dans sa caisse, sonna une heure du matin, cria : coucou ! et s’en fut phlegmatiquement.


III.


Le pauvre garçon n’était pas habitué à boire tant de vin, à la fois ; aussi à peine eût-il mis le pied dehors que l’air le saisit. Il voulut se tenir debout, il chancela ; aller à droite, il fit un brusque crochet à gauche. Étonné, il se demanda ce qu’il lui fallait faire ? Retourner à la Maison sans lanterne ou bien aller en avant ? Il prit courageusement ce dernier parti, mais plus il marcha, plus ses crochets devinrent longs, fréquents et rapides. Il se traita d’ivrogne, de cuve à vin, de sac à bière et n’en alla pas plus droit.

Arrivé à un coude de la chaussée, il aperçut, dans un lointain vaporeux, l’un des réverbères du Bas-Ixelles. Le cœur pénétré de reconnaissance, il en regarda amoureusement la flamme brillante comme une étoile. Le navigateur