Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/21

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mann, traversa la boutique et tremblant encore plus de peur que d’amour, ouvrit la porte de la chambre où il trouva Anna seule et rapiéçant près de la fenêtre, une vieille veste de velours de son père.


VIII.


À l’entrée d’Isaac elle se leva : Ha ! Monsieur Isaac, dit-elle, vous êtes beau comme un astre.

Wildensteen ne répondait pas et regardait autour de lui :

— Que cherchez-vous, lui demanda Anna.

— Pourquoi donc, répondit-il hypocritement, ne vois-je ici ni Braf ni votre père.

— Vous savez bien, dit-elle, qu’ils sont partis à deux, ce matin, pour Middelburg.

— Tant mieux, repartit Wildensteen, tant mieux, nous aurons du moins le temps de causer.

— Ne l’avons-nous pas toujours ?

Wildensteen ne répondait pas, il était debout devant Anna et la regardait avec une persistance que la passion pouvait montrer aussi bien que le véritable amour. Anna rougissait et baissait les yeux :