Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/220

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Durant le temps que Claes était monté à la chambre de Roosje pour lui tenir ce propos, Ser Huygs avait répondu à Mahom :

— Blessures pour blessures, je ne te comprends point ? Qu’as-tu à montrer ta poitrine ? Je t’ai frappé en un loyal combat : tu es guéri ; que te faut-il de plus ?

— Las, disait Johanna pleurant derrière lui, pourquoi ne veux-tu comprendre qu’il en veut à tes jours, Simon ?

— Blessures pour blessures, dit encore Mahom.

Ce furent ces mots qu’entendit Claes au moment où Roosje marchant devant lui, ouvrit la porte. Claes n’entra point, et chercha dans son esprit quelque moyen de venir utilement en aide à son maître. Et il se disait, non sans raison : « Si je vais tout soudain maintenant entrer comme un sot dans la chambre, et que ce mécréant en veuille au baes, il commencera d’abord par me frapper, se débarrassant ainsi du faible pour n’avoir qu’un seul ennemi à vaincre.

— Las, mon bon patron, disait encore Claes, je flaire dans l’air sang et bataille, donnez la force à mes vieux bras et la malice à ma vieille cervelle.

En voyant Mahom, Roosje avait jeté un grand cri, puis toute palissante, frissonnante et transie, elle s’alla réfugier auprès de Johanna :