Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/221

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— C’est lui ma sœur, c’est lui, disait-elle, en se serrant comme un poussin sous l’aile de la poule.

Mais Johanna n’avait plus de force pour s’étonner ni répondre, elle ne songeait qu’à la vie menacée de son aimé Simon. Toutefois elle comprit que Roosje lui disait que celui qu’elle avait rencontré le matin était présent, mais tout ce qu’elle put faire ce fut de l’entourer de ses bras, de pleurer et de gémir avec elle.

Mahom, lui aussi en voyant entrer Roosje, avait paru éprouver quelque émotion, voire même quelque joie, mais ce n’était point l’émotion douce ni la bonne joie des bons cœurs.

Ser Huygs se tenait debout devant lui, cherchant coîment si son bon knyf était toujours à sa ceinture ne le trouvant point et coîment aussi attendant qu’il parlât derechef : ce que fit Mahom.

— Combat sur le sable, dit-il. Deux coups à la poitrine. Tache de sang, par terre. Tombé. Femme prise, femme aimée, pour lors. Sang pour sang, blessure pour blessure, femme pour femme.

Et ce disant, il montra Roosje.

— Tu es joli garçon, dit Ser Huygs, se gaussant de lui, et tu fais de ton coq, bien jovialement, mon gentil moricaud. Tu veux donc tâter à la fois de ma sœur mignonne