Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/37

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comme un amoureux : Dirk remarqua que le jardin de la maison d’Anna donnait sur des prairies et qu’il était aisé d’y pénétrer.

Puis il rentra à Gand dans un état nouveau pour lui ; il était préoccupé et ne savait ce qu’il faisait.


XIV.


Vers cinq heures, la nuit étant tombée tout à fait, il passa sur le Ketelbrug, l’un des nombreux ponts de Gand. Il vit à la lueur d’un réverbère, un homme du peuple qui, appuyé sur la balustrade du garde-fou, regardait d’un air morne, couler l’eau noire de l’Escaut.

Dirk reconnut un peintre en bâtiments nommé Pier qui, l’an dernier, avait travaillé chez lui, à Meulestee.

— Bonsoir, Pier, dit-il en lui frappant sur l’épaule.

Celui-ci fit le geste d’un homme qui s’éveille en sursaut.

— Monsieur Dirk ! s’écria-t-il. Ottevaere remarqua qu’il avait les yeux rouges et lui demanda ce qu’il faisait là.

— Pier répondit en montrant le fleuve : Celui qui coucherait là-dessous serait certain de ne pas avoir sur le dos la neige qui tombera cette nuit.