Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/46

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ne m’a manqué jusqu’à présent, je suis riche, jeune et fort. Demain peut-être, je commencerai à souffrir et regretterai de vous avoir jamais vue. Mais je consens à souffrir pour vous qui n’êtes pas heureuse. Dès à présent je suis tous vos pas et j’espère, car il m’a toujours suffi de vouloir une chose pour qu’elle me réussît.

Ottevaere.

Kattau apporta en même temps les deux lettres que l’on vient de lire, remit la dénonciation au mari et à la femme ce qui faisait l’objet de la dénonciation.

Isaac eut moins vite fini de lire qu’Anna ; au moment où il allait lui demander ce qu’elle lisait là, elle lui tendit sa lettre en disant :

— Isaac, lisez donc cette bizarre missive.

Isaac lut : Bizarre, dit-il, bizarre, je la trouve ridicule, impertinente et sotte. Au feu de suite, la prose de ce vantard, de cet écervelé.

— Je ne le juge pas ainsi, repartit Anna.

— En seriez-vous déjà éprise, par hasard.

— Vous savez que je ne le connais même pas.

— Je sais, je sais… qui est-ce qui sait jamais quoi que ce soit quand il s’agit de femmes.

— Cette insulte était inutile, repartit Anna.