Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/75

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— Il y a une justice au ciel, dit Anna.

— Et des juges à Bruxelles, madame, répondit la mère.

Anna tremblante et effrayée allait sortir de la maison.

— Place, dit une paysanne portant un seau, on va purifier la maison.

Isaac et Anna quittèrent Dilbeek, le cœur gros. Pendant plusieurs nuits Anna rêva qu’elle était comme la femme adultère poursuivie et couverte de boue par une foule hurlante. Elle s’éveilla chaque fois, baignée de larmes. Elle ne voulut plus sortir de chez elle, ni même se mettre à la fenêtre.


XXVII.


Kattau trouva par hasard sur le secrétaire d’Isaac, les deux lettres de l’ami inconnu. Elle les communiqua à Anna qui les lut, haussa les épaules et dit à Kattau de les remettre où elle les avait prises.

Un matin d’octobre, Anna sortit, il avait plu : elle allait voir son père que la goutte retenait dans sa petite maison du quai aux Herbes. Braf la suivait. Le cabaret de la Couronne d’Espagne était situé vis-à-vis de la