Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/80

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étaient au bal. Anna qui ne pouvait dormir descendit au jardin ; la nuit était tiède et assez claire, Braf la suivait. À peine eut-elle fait quelques pas, qu’un homme parut sur la crête du mur et sauta dans le jardin. L’homme avait à peine mis pied à terre que Braf sautait déjà sur lui ; mais en moins de rien le chien fut terrassé. Anna que la peur gagnait déjà, fut heureuse d’entendre une voix douce qui lui disait : Ne craignez rien, madame, je voulais vous voir, je vous ai vue, je m’en irai maintenant si vous voulez. Vous n’avez rien à craindre de moi, ajouta-t-il, il me faut une force surhumaine pour rester une minute de plus maître de votre chien, sans l’étrangler ou sans qu’il m’étrangle : appelez-le, je ferai après cela ce que vous voudrez.

Anna confiante s’approcha d’Ottevaere et caressant Braf :

— Braf, dit-elle, levez-vous.

Braf en entendant cette voix douce, cessa de gronder et de s’agiter ; Ottevaere alors se leva. Braf se retourna sur lui, puis regarda Anna comme pour lui demander si c’était un ami qu’il avait attaqué.

Ottevaere était debout devant Anna : Nul bruit ne troublait le silence de la nuit, que le bruit de la rosée qui tombait des arbres sur les feuilles sèches et celui de quelque ramille qui, se détachant de leur sommet, tombait de