Page:De Gaspé - Les anciens canadiens, 1863.djvu/26

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Arché était si ému de cette chaleureuse invitation, qu’il fut quelque temps sans répondre.

— Voyons, monsieur le fier Écossais, continua son ami, nous faites-vous l’honneur d’accepter ? Ou faut-il que mon père envoie, en ambassade, son majordome José Dubé, une cornemuse en sautoir sur le dos, – comme ça se pratique, je crois, entre les chefs de clans montagnards, – vous délivrer une épître dans toutes les formes ?

— Comme je ne suis plus, heureusement pour moi, dans mes montagnes d’Écosse, dit Arché en riant, nous pouvons nous passer de cette formalité. Je vais écrire, immédiatement, au capitaine d’Haberville, pour le remercier de son invitation si noble, si digne, si touchante pour moi, orphelin sur une terre étrangère.

— Alors, parlons raisonnablement, dit Jules, ne serait-ce, de ma part, que pour la nouveauté du fait. Tu me crois léger, bien fou, bien écervelé ; j’avoue qu’il y a un peu de tout cela : ce qui ne m’empêche pas de réfléchir souvent beaucoup plus que tu ne penses. Il y a longtemps que je cherche un ami, un ami sincère, un ami au cœur noble et généreux ! Je t’ai observé de bien près ; tu possèdes toutes ces qualités. Maintenant, Arché de Locheill, veux-tu être cet ami ?

— Certainement, mon cher Jules, car je me suis toujours senti entraîné vers toi.

— Alors, s’écria Jules en lui serrant la main avec beaucoup d’émotion, c’est à la vie et à la mort entre nous, de Locheill !

Ainsi fut scellée entre un enfant de douze ans et