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FEUILLETON DU MONDE ILLUSTRÉ
De Martigny, Viau - La Tiare de Salomon, 1907 illustration p07.png
Madame Sigouard poussa un cri aigu et s’élança sur M. Ricochet

— J’espère alors que ce monsieur prendra un costume un peu plus décent pour nous accompagner.

— Alors, continua le baron, tenez vous prêt à partir demain soir.

— Dès demain je vous amène mon épouse, fit Oscar Sigouard.

— Inutile, dit le baron, je la verrai à la gare.

Et sortant de son portefeuille un billet de banque de mille francs, il ajouta :

— Voici le montant de vos deux premiers mois, achetéz des effets propres et soyez exacts. Je serai à la gare de Lyon à sept heures quarante-cinq du soir.

Et à voix basse, entraînant son neveu dans un coin de la pièce, le baron ajouta :

— À propos, dit-il, vous venez d’entendre ce que je viens de dire à monsieur Ricochet, vous n’êtes pas mon neveu pour lui, mais un simple ami. Pendant le voyage, vous m’appellerez donc : monsieur le baron. Plus tard, si vous rachetez les torts que vous avez eu jadis envers moi, je vous donnerai à nouveau le titre de neveu. Si vous me secondez utilement et fidèlement surtout, je saurai vous tenir largement ma reconnaissance.

— Compris, mon oncle, fit Oscar Sigouard, en prenant la porte.

Quand le neveu du baron fut parti, monsieur Ricochet hasarda cette question :

Monsieur le baron pourrait-il me renseigner sur le pays… sur la contrée où… ?

— Nous partons pour l’Inde mon ami ; nous débarquerons à Bombay, et, de là, nous pousserons jusqu’à Djépour. C’est dans cette ville seulement que