Page:De Staël – La Révolution française, Tome I.djvu/186

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
172
CONSIDÉRATIONS

dans la majorité des notables une opinion différente de la sienne ; et il s’écoula plus de deux mois entre la fin de leur assemblée et le résultat du conseil du 27 décembre 1788. Pendant ce temps, M. Necker étudia constamment l’esprit public, comme la boussole à laquelle, dans cette circonstance, les décisions du roi devoient se conformer. La correspondance des provinces étoit unanime sur la nécessité d’accorder au tiers état ce qu’il demandait, car le parti des aristocrates purs était, comme toujours, en très-petit nombre ; beaucoup de nobles et de prêtres, dans la classe des curés, se rallioient à l’opinion nationale. Le Dauphiné assembla à Romans ses anciens états tombés en désuétude, et on y admit non-seulement le doublement du tiers, mais la délibération par tête. Un grand nombre d’officiers de l’armée se montroient favorables au désir du tiers état. Tous ceux et toutes celles qui, de la haute compagnie de France, influoient sur l’opinion, parloient vivement en faveur de la cause de la nation : la mode étoit dans ce sens ; c’étoit le résultat de tout le dix-huitième siècle, et les vieux préjugés, qui combattoient encore pour les anciennes institutions, avoient beaucoup moins de force alors qu’ils n’en ont eu