Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/27

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de ces Provinces, dont les terres (obſervons-le) ne peuvent être cultivées que par des Blancs, à cauſe du froid exceſſif qui y regne les trois quarts de l’année.

Il eſt eſſentiel de remarquer que ces Provinces septentrionales avoient fort peu de Nègres, que le caractere de ces malheureux, invinciblement portés à la pareſſe & au larcin, y étoit fort diſcrédité, & qu’à peine daignoit-on s’en ſervir en qualité de domeſtiques.

Je dois encore vous faire obſerver qu’il s’étoit élevé entre ces Provinces ſeptentrionales & celles du Mariland, de la Virginie, des deux Carolines & de la Géorgie, de grandes jalouſies de commerce, de navigation & de richeſſe, & que les terres de ces provinces méridionales n’y pouvant être cultivées que par des Nègres, à cauſe de la grande chaleur & de l’inſalubrité du climat, la révolte des Eſclaves devenoit un ſûr moyen d’en arrêter la proſpérité.

Je me ſens entraîné malgré moi, Messieurs, dans de grands détails de politique ; mais j’ai dû vous faire ces obſervations, pour vous amener graduellement aux réſultats qu’il vous ſera néceſſaire de former, afin de parvenir à développer tous les plis & replis politiques de la ſecte des amis des Noirs.

Les Provinces du nord de la Nouvelle Angleterre, Messieurs, ſe trouvent chargées d’une dette énorme, dont elles ne peuvent eſpérer la libération en partie que par la vente de leurs terres & par une grande navigation.