Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/101

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catholique a été rompue. Les révolutionnaires de tout degré ne dissimulent point à cet égard leurs vœux, et je les loue de leur franchise, parce qu’au moins l’on sait clairement à quoi s’en tenir sur leurs desseins.

L’administration tend au même but, en feignant de les combattre : on l’a déjà vu, et nous n’aurons encore que trop d’occasions de le prouver. Hypocrite dans son langage, pour tromper les simples, elle se refuse obstinément aux améliorations comme aux réformes les plus nécessaires, à tout ce qui contrediroit le grand principe de l’athéisme légal, et il n’est pas un seul de ses actes qui n’ait, sinon pour fin, du moins pour effet de propager dans les esprits l’opinion funeste de l’indifférence absolue des religions, devenue l’une des maximes fondamentales de notre droit public.

Déjà, dans les chambres, on la défend comme le principe même de la civilisation moderne, et de je ne sais quelle fraternité universelle, politique et religieuse, dont Paris, dit-on, est le centre, dont les plaisirs sont le lien, et qui, pour le bonheur de l’humanité, doit unir à jamais, sans distinction de croyances, tous les peuples à l’opéra.

Les hommes qui parlent ainsi en présence d’une assemblée grave, ou qui doit l’être, pourroient se souvenir que Rome aussi eut une semblable civilisation : de tous les points du monde on accouroit à ses spectacles ; les lettres et les arts