Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/171

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personnes dont elles portent le nom ; qu’elles n’ont pas paru aux époques qu’elles indiquent ; ... etc.

En France on nie également l’inspiration d’une partie des livres saints, on déclame avec chaleur contre l’institution du sacerdoce, on réduit la religion à un sentiment indéfinissable qui, suivant les temps et les pays, se manifeste sous différentes formes ; et les protestants applaudissent, ils louent, ils adoptent hautement cette doctrine.

Bayle, quoique protestant, avoit prévu où l’on arriveroit par cette méthode rationnelle du jugement privé. il est plus utile qu’on ne pense, disoit-il, d’humilier la raison de l’homme, en lui montrant avec quelle force les hérésies les plus folles, comme sont celles des manichéens, se jouent de ses lumières, pour embrouiller les vérités les plus capitales... etc. Donc, au jugement de Bayle, quiconque veut que la raison soit la règle de sa foi, c’est-à-dire tout protestant, puisque le protestantisme n’est, en matière religieuse, que l’acte d’indépendance de la raison humaine, de cette raison, souveraine légitime, qui, tenant de Dieu ses pouvoirs, ne peut abdiquer, et souveraine universelle, ne peut sortir de son empire, est conduit