Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/24

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ineté dans l’ordre temporel. Il ne pouvoit plus comprendre ce que c’est qu’un monarque ; il ne pouvoit surtout plus souffrir un pouvoir au-dessus du sien. Le trône, pour lui, ce fut un fauteuil, comme l’autel n’étoit plus qu’une table. Par la force même des choses, on vit recommencer en Europe le gouvernement républicain. Il ne resta de la monarchie et de la religion chrétienne que des mots vides de sens. L’Angleterre devint en effet une véritable république, selon l’acception rigoureuse du mot ; mais la souveraineté qui, suivant les principes introduits par la réforme, appartient de droit à la nation entière, se concentra de fait entre les mains d’un petit nombre de familles propriétaires du sol, et qui seules possèdent les emplois et forment les deux chambres : c’est en elles que le pouvoir réside essentiellement. Le parlement est le vrai souverain, puisqu’il peut tout, selon Blackstone, tout sans exception, même changer la dynastie, même changer la religion ; et ces deux choses, il les a faites : la loi, c’est sa volonté. Il gouverne par des ministres responsables envers lui, et non envers le roi, qui ne peut jamais en choisir d’autres que ceux désignés par la majorité des chambres, ou que cette majorité consent à soutenir. De royauté, à peine en existe-t-il une vaine apparence ; elle est nulle en réalité. Les affaires sont discutées, décidées dans le parlement ; celles que la constitution