Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/338

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de la bouche des gardiens naturels de la foi, attaquée de toutes parts cependant.

Pour bien juger des actes qui intéressent l’Eglise, on ne doit jamais perdre de vue qu’elle n’est rien dans l’état, qu’elle n’occupe aucune place dans l’ordre politique ; qu’on a séparé systématiquement la législation civile de sa législation, et que, méconnoissant la nature de la société religieuse, on travaille sans relâche à la détruire en s’efforçant de la faire entrer dans le cadre d’une administration matérielle. Or, en cette position, tout ce qui diminue l’indépendance du clergé est un mal, et un très grand mal. Sous ce rapport, les distinctions personnelles les plus honorables ne sont pas exemptes de danger. Elles créent des liens qui ôtent toujours quelque chose de la liberté ; elles excitent l’ambition, fertile en prétextes pour justifier les condescendances les moins excusables, lorsqu’elles sont utiles à ses desseins. La vertu même peut être tentée, en croyant découvrir, dans ce qui élève l’homme, de nouveaux moyens de succès pour son zèle.

Jusque là on se tient en réserve, on évite de se commettre, on prend l’habitude de céder, de dissimuler, car rien n’affoiblit comme le désir : ce ne sera, si l’on veut, qu’un désir vague, une chance possible et lointaine ; mais cette chance, on ne veut pas se l’ôter : on attend, et l’on dit à la vérité, attendez aussi.