Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/339

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La vraie dignité, la force véritable des évêques comme des prêtres, dépend aujourd’hui de leur éloignement des affaires publiques ; il leur suffit de celles de l’Eglise. L’avenir de la religion est assuré ; elle ne périra point ; ses fondements sont inébranlables. Séparez-la donc de ce qui tombe.

Pourquoi mêler ce qui ne sauroit s’allier ?

Une prudence toujours fausse, quelquefois impie, voudroit plier à l’esprit du siècle l’Eglise qui est de tous les siècles. On lui demande de varier avec le monde, qu’elle doit ramener sans cesse à ce qui ne varie pas. De l’opposition qu’elle éprouve, de la haine dont elle est l’objet, on conclut qu’il faut qu’elle se modifie, qu’elle tolère le désordre pour que le désordre la tolère, qu’elle apaise ses ennemis à force de soumissions, qu’elle négocie avec l’athéisme, au fond assez traitable, se ménage ses bonnes grâces, et, par une alliance qui garantira les intérêts réciproques, s’assure à jamais sa protection.

Quoi qu’il en soit de cette haute sagesse, ce n’est pas ainsi que le christianisme s’établit jadis sur la terre, et ranima le genre humain qui expiroit.

Jésus-Christ ne négocia point, il ne fit point de concessions, et l’esprit qu’il promit d’envoyer à ses disciples n’étoit pas l’esprit du siècle, mais l’esprit de Dieu et de l’éternité. On parle beaucoup maintenant de modération, de mesure ; il seroit bon