Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/354

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pouvoit se développer ou se perfectionner, parce que la société religieuse, ou la religion vraie et universelle, n’étoit ni développée ni constituée publiquement. Concentrée dans la famille, les croyances s’y perpétuoient ainsi que le vrai culte par la tradition paternelle ; car il n’existoit point, excepté chez les juifs, d’autre enseignement, et le sacerdoce primitif n’étoit qu’une fonction de la paternité. On ne vit se former, parmi les nations, des colléges de prêtres, qu’après l’introduction de l’idolâtrie. Le principe de la vie sociale étant fixé dans la famille par la première institution du genre humain, il en résultoit que la famille soutenoit seule l’ordre politique, qui, ne s’appuyant que sur elle, ne pouvoit s’élever à un état plus parfait que la constitution domestique ; et il en résultoit encore que les lois qui règlent le pouvoir, et qui sont le fondement de son droit, n’avoient d’autre interprète que la famille ou le peuple, ni d’autre garantie que sa force : et c’est la véritable cause du peu de stabilité des gouvernements anciens.

Nul juge, nul conciliateur entre le pouvoir et les sujets : se touchant par tous les points, avec des intérêts divers, il y avoit entre eux une guerre continuelle. Pour n’être pas renversée, la puissance devenoit oppressive ; l’oppression hâtoit la révolte, qui ramenoit bientôt une oppression