Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/362

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ils l’ont cherché. Qu’ils le comprennent enfin, il n’existe aujourd’hui dans la société que deux forces : une force de conservation dont le christianisme est le principe, et dont l’Eglise est le centre ; une force de destruction qui pénètre tout pour tout dissoudre, les doctrines, les institutions, le pouvoir même.

La plupart des gouvernements se sont placés entre ces deux forces, pour les combattre toutes deux.

Ils combattent l’Eglise, parcequ’ils tiennent obstinément à un système d’indépendance absolue, qui, en abolissant la notion du droit, ébranle partout la souveraineté dans ses fondements. Ils se défendent comme ils peuvent, avec la police et des baïonnettes, contre la force révolutionnaire, qui tourne contre eux leurs propres maximes.

S’ils ne sortent pas, et bien vite, de cette position, leur ruine est certaine : car il est évident qu’aucun pouvoir ne sauroit subsister qu’en s’appuyant sur les forces de la société. On ne règne pas long-temps lorsqu’on ne veut régner que par soi ; jamais l’homme ne subit volontairement le joug de l’homme.

Il faut que la puissance descende de plus haut, de celui qui a dit : per me reges regnant. on peut donc le prédire avec assurance, si les gouvernements ne s’unissent pas étroitement à l’Eglise, il ne restera pas en Europe un seul trône debout :