Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/55

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hideux imprimé à nos lois par la révolution.

M. de Chateaubriand écrivoit à la même époque : « Aujourd’hui, c’est le ministre de la justice qui combat jusqu’au nom de la religion, qui écarte de nos transactions politiques la loi divine, comme peu nécessaire sans doute aux règles humaines. Il est tout simple alors que l’éducation ressemble à la religion ; il est inutile de créer des hommes croyants pour des lois athées [1]. ». On s’est fort calmé depuis ce temps-là ; tant les hommes se font à tout ! Et puis l’on ne sauroit penser perpétuellement à Dieu ; il faut bien aussi penser un peu à soi ; c’est, dans notre siècle, le zèle qui s’use le moins, et il y a souvent lieu d’admirer toutes les formes qu’il sait prendre, et toutes celles qu’il sait quitter.

L’esprit de notre législation et les principes qui en sont le fondement jettent quelquefois les hommes qui gouvernent en d’étranges embarras, lorsqu’ils essaient de concilier ces principes athées avec le besoin de l’ordre, et avec les vœux de la partie de la nation restée chrétienne. Rien de plus instructif à observer que cette espèce de combat entre l’ancienne foi, la foi du genre humain, et les maximes nouvelles que la philosophie a données

  1. Conservateur, 41e livraison, 1819.